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Origine du patronyme " BÉGOU "

L'origine et la signification de ce nom ne sont pas du tout connues : le sens même du nom n'est pas très clair, mais ....... il le sera peut être un jour, me dit Jean Totsi.

Il aurait pu être d'origine celtique : Il est démontré que les Celtes, premiers habitants de ces contrées, ont baptisé la plupart des sites géographiques : sommets, rivières. Les envahisseurs, plus tardifs, après avoir tué tous les hommes, se sont occupés des femmes, et des terroirs : ils ont utilisés, et conservés ces noms, qui sont toujours ceux d'aujourd'hui.

Dans les langues Celtiques, comme le gaulois, ou le breton d'aujourd'hui, la terminaison " OÙ " est la marque du pluriel.                       

- Le mot " beg ", pluriel " begoù ", signifie pointe, extrémité, sommet, bec. - Le suffixe " -eg " désigne un ensemble : par exemple guezeg, signifie forêt : un ensemble d'arbres.

- OU, en terminaison, se retrouve souvent dans des noms régionaux. Par exemple : " Ode - pluriel : odoù, signifie brèche , col ".  " Mare - pluriel : maroù, signifie moment, période ". D'autres encore dont la signification ne nous est pas connue : Guigou, Miellou, Dupou, etc.

- On trouve à coté de Treguiers, en Bretagne, le " pont de begoù " qui conduit vers plusieurs pointes en bord de mer. On retrouve dans le Mercantour le Mont Bego, qui semble avoir la même origine.                                                                            

Mais, me dit encore Jean Totsi, les racines celtiques existent uniquement dans les noms de lieux.

Les noms de famille sont beaucoup trop tardifs pour avoir conservé une étymologie celtique. Sauf si ce nom a d'abord été un nom de lieu : par exemple Montlahuc, qui est un hameau de Bellegarde en Diois (26). Ce nom apparaît en 1231 sous la forme Mons Lugdunus (cité par M.T.Morlet ), ce qui lui donnerait une origine semblable à celle de Lyon. Lugdunum : le mont ou la forteresse de Lug, qui est une ancienne divinité solaire, selon la version la plus couramment admise.

Nous n'avons pas encore trouvé , hélas, de lieu correspondant pour Bégou.

Pour être complet il existe en occitan, et plus exactement en Gascon, le mot Bégué, qui, comme Vigier ou Voyer, est une variante du mot Viguier. Il indique alors un officier judiciaire, et le plus souvent  un juge. Mais cette explication ne semble pas convenir ici.      

D'aucuns disent que Bégou signifie " bègue ". En fait on trouve bien des Bègue ( avec accent grave et non aigu ) dans d'autres régions ( 2120 en France, dont 1 dans les Hautes-Alpes et 6 dans la Drôme ), mais ce nom n'a ni la même signification, ni la même origine. C'est alors un nom français, et non pas occitan : Bègue vient du vieux français beguer ( mot néerlandais ) qui veut dire bégayer.

En occitan, au contraire, car La Bâtie des Fonts,qui est le berceau inconditionnel de ce nom, est bien en Occitanie : bègueyer se dit " bretonejar ". Un bègue se dit : " bret " pour un homme, " breta "pour une femme, à la limite " breton " ou "begolaud " ce qui n'a rien à voir. ( Dictionnaire Occitan - Français de Louis Alibert - Institut d'Etudes Occitanes - Toulouse 1977 ).

- Pour en revenir à Bégou et à l'occitan, il y a un accent tonique sur la première syllabe et le " OU " , qui est un OU ouvert, se prononce à peine. C'est pour cette raison que l'on trouve, dans les vieux registres, quelquefois BEGUE, au lieu de BÉGOU.              A La Bâtie-des-Fonts, le curé Brunier, venu sans doute du " nord " , a, d'octobre 1669 à 1689, écrit tous les noms sous cette forme. Lui disparu, on ne la retrouve plus par la suite : certains nés Begue pendant cette courte période, se marieront et seront enterrés Bégou.

Alors qu'en Français ( qui n'a pas d'accent tonique, mais seulement un accent de phrase ) les deux syllabes se prononcent de façon égale, l'accent sur la première remplaçant, en l'atténuant, l'accent tonique.

Si l'on se réfère au dictionnaire cité plus haut, on trouve " bec " qui renvoie au " beg " celtique, et qui signifie sensiblement la même chose : bec, contre-fort de montagne. Mais rien de significatif à " beg.. " si ce n'est : bega = gesse ; begaire = regain ; begol = cri de douleur ; beguda = boisson. La liste des mutations ne donne rien. La formation, ou l'adaptation des mots, préfixes, suffixes, etc, ne révèle rien non plus.

Nous devrons attendre de nouvelles interprétations pour vraiment savoir.

 

La place du nom en France

BÉGOU était, à la fin du 19ème siècle, au 8000 ème rang par rapport aux 675.000 noms différents répertoriés en France Il est aujourd'hui au 13 000 ème rang, mais il y a aujourd'hui 1.320.000 noms. Evolution depuis 100 ans : - 14 %
On peut estimer qu'il y a en France de 600 à 900 personnes, qui portent le nom de Bégou. Estimation faite d'après le nombre des abonnés au téléphone portant ce nom, c'est à dire 377, en tenant compte de toutes les variantes fantaisistes e, é, è, et des terminaisons en t , d, x, s, totalement aberrantes.
Entre 1891 et 1990, 809 naissances ont été déclarées en France.
Toutes ces personnes sont reparties sur 48 Départements.
Par comparaison :
53,55 % des noms sont sur 1 Département - 13,42 % des noms sur 2 Départements
7,10 % des noms sont sur 3 Départements - 4,61 % des noms sur 4 Départements
3,22 % des noms sont sur 5 Départements - 2,42 % des noms sur 6 Départements
- 7 % seulement des noms en France sont portés par plus de 500 personnes.
- 26 % ont de 100 à 500 Porteurs
- 19 % ont de 50 à 100 Porteurs - 48 % des noms ont moins de 50 Porteurs

La répartition en pourcentage (colonne A ) des Bégou. dans les différentes régions , hier et aujourd'hui,.
( le deuxième chiffre ( B ) indique le pourcentage de la population de chaque région par rapport à la France entière ) montre un déplacement vers Lyon et Paris au détriment de Marseille, moins attractive aujourd'hui.


 

au XIX siècle


 


Aujourd'hui


 


 


 

Rang

A

B

Rang

A

B

Provence-Côte d'Azur

1

40,91%

6,16%

2

34,70%

7,29%

Rhone-Alpes

2

29,80%

7,75%

1

36,66%

8,71%

Aquitaine

3

11,11%

6,44%

6

3,76%

5,09%

Ile-de-France

4

6,06%

14,77%

3

9,33%

22,64%

Languedoc-Roussillon

5

6,06%

3,56%

4

5,07%

3,53%

Midi- Pyrénées

6

4,04%

4,56%

5

4,26%

4,67%

Pays de la Loire

7

0,51%

4,18%

10

0,65%

3,48%

Picardie

8

0,51%

3,51%

 

 

 

Lorraine

9

0,51%

5,61%

 

0,65%

4,77%

Nord-Pas-de-Calais

10

0,51%

5,16%

 

 

 

Centre

11

0,00%

0,05%

7

1,15%

4,60%

Auvergne

12

0,00%

0,03%

8

0,82%

2,34%

A : indique le pourcentage des Bégou. dans la région considérée
B : indique la part de la région considérée dans la France entière

On ne connaît pas de Bégou. devenu illustre ou célèbre, pour quelque raison que ce soit. Il y avait quelques notaires vers 1780, un chirurgien. Claude, maire des Prés (26), qui a racheté les biens nationalisés de l'Ordre de Malte pour 20 000 livres.
Plus récemment le chef d'orchestre de la Radio à Lyon, vers 1950, s'appelait Pierre Bégou., et Georges Bégou. est un journaliste spécialisé dans le théâtre à Antenne 2. Sans être célèbres ils sont plus ou moins connus du public.
Finalement le plus curieux est Joseph Bégou. : en effet on note à son sujet que l'ordre avait été donné, le 22 août 1796, de transporter la guillotine de Gap à Embrun pour le guillotiner. C'est tout ce que j'en sais pour le moment. Tout ce que je sais c'est qu'il ne s'agit pas de mon père, qui portait aussi ce prénom.

Edouard Bégou. - décembre 1998 - novembre 2008

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